|
L’histoire naturelle de
la maladie
Le Kératocône se révèle
habituellement dans les trois premières décennies de la vie et en
particulier à l’adolescence. Les femmes sont autant atteintes que
les hommes. Le nombre de nouveaux cas diagnostiqués par an est
d’environ équivalent à 1/2000 habitants.
Dans cette maladie, la cornée se
déforme et s’amincie inexorablement. Dans la majorité des cas il
existe un bombement (ectasie) de la cornée localisé
préférentiellement sous l’axe visuel. La cornée vue de profil perd
sa forme sphérique pour devenir cônique (origine grec du terme = kératos pour cornée,
conus pour forme de cône). Ce
bombement induit un astigmatisme irrégulier (dédoublement des
images), important et instable réduisant considérablement la vision.
Généralement le diagnostic est porté par
l’ophtalmologiste qui constate une baisse de la vision non
corrigible par les verres de lunettes, une topographie de la cornée
anormale, un astigmatisme irrégulier. Parfois, c’est lors d’un bilan
en vue d’une chirurgie de la myopie qu’est décelée la maladie,
souvent jusqu’alors méconnue car présente à un stade encore trop
fruste.
Les premiers symptômes sont :
-
Une myopie et/ou un astigmatisme
anormalement évolutifs.
-
Une vision mal corrigée par les
lunettes.
-
Des difficultés d’adaptation aux
lentilles.
-
Des difficulté pour la conduite
nocturne.
-
Une fatigue visuelle, des maux de
tête.

Certaines maladies rares peuvent faire
rechercher et découvrir un kératocône. Citons par exemple :
Etc…
Quatre stades clinique distincts, sont
classiquement distingués. Ils permettent de positionner les patients
dans le cadre habituel de l’évolution de la maladie :
-
Le stade infra-clinique ou latent :
Absence de signe clinique et fonctionnel.
-
Le stade fruste : Présence de signes
cliniques fins sans retentissement fonctionnel.
-
Le stade décompensé : Tableau
clinique marqué avec retentissement fonctionnel.
-
Le stade compliqué : Evolution
péjorative de la vision malgré une bonne prise en charge,
imposant souvent la réalisation d’une greffe de cornée.
L’évolution d’un stade au suivant n’est
pas obligatoire et n’est pas linéaire dans le temps. Elle est
souvent difficilement prévisible et asymétrique. Certains patients
présentent donc des formes sévères et rapidement progressives,
d’autres gardent toute leur vie une forme fruste et isolée.
Il est important de noter que la vitesse
d’aggravation de la maladie est accélérée par le patient lui-même
lorsqu’il se frotte fréquemment les yeux. De même, toutes les
chirurgies réfractives cornéennes (comme le laser excimer pour
corriger la myopie) risquent d’aggraver ou de décompenser la
maladie. De ce fait, elles sont strictement contre-indiquées pour
cette affection quelque soit son stade évolutif.
La chronologie habituelle de prise en
charge thérapeutique comporte dans un premier temps un équipement en
lunettes puis, en cas d’échec, une adaptation en lentilles de
contact. Finalement, en cas d’intolérance ou si la vision reste
insuffisante, le recours à la chirurgie cornéenne s’impose. Cette
dernière comporte deux options : les cas les plus favorables peuvent
éventuellement bénéficier de la mise en place d’anneaux
intra-cornéens ; les cas plus sévères impliquent la réalisation
d’une greffe de cornée.
Pour donner un ordre de grandeur,
environ 10% des patients porteurs d’un kératocône reconnu ne seront
jamais demandeurs de thérapeutique, 10% seront équipés en lunettes
uniquement, 50 % seront équipés en lentilles de contact et 20%
bénéficieront d’une greffe de cornée. |